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Jaquette Sexe et Magie

Sexe et Magie

  • magazine : Le Crapouillot
  • numero : 78 - novembre 1984
  • date : 01 novembre 1984
  • catégorie : Culture & arts

Sommaire

  • J’t’ai dans la peau de bête

    Lorsqu'ils eurent conjuré les démons de la nuit, les fantômes des ancêtres et les puissances du ciel, les hommes s'efforcèrent de domestiquer l'instinct sexuel. Ce diable domestique provoquait dans la petite communauté humaine des dégâts tout aussi sérieux que le passage des comètes.

  • “Nuits de Chine, nuits calines... ”

    Les Orientaux ont toujours accordé une grande place à la vie érotique dans leur conception religieuse du monde. Et cela non pour refouler ou limiter l'élan amoureux, mais afin de l'utiliser à une réalisation complète de l'individu. Bien sûr, à certaines époques, la sexualité fut réprimée. Mais, sans doute parce qu'ils plongeaient leurs racines dans des pratiques magiques très anciennes, les rites sexuels de l'Orient survécurent à tous les bouleversements.

  • Autels du libre échange

    " Je promets que je vous servirai toute ma vie et vous donne mon coeur et mon âme, toutes les facultés de mon âme, tous les sens de mon corps, toutes mes oeuvres, tous les désirs et soupirs, et toutes les affections de mon coeur, toutes mes pensées. Je vous donne toutes les parties de mon corps, toutes les gouttes de mon sang, tous mes nerfs, tous mes ossements, toutes mes veines... Je vous donne ma vie pour votre service, voire même si j'avais mille vies je vous les donnerais toutes. "
    Qui n'a souhaité, dans la ferveur des amours naissantes, se livrer comme Marie de Sains, corps et âme, à l'élu de son coeur ? Qui n'a prêté le voeu absurde, excessif, définitif, en prenant le ciel pour témoin, de vivre « mille vies et de les donner toutes » ?

  • Mon curé en enfer

    On se souvient peut-être qu'Hervé Le Boterf, dans son roman «Le défroqué», imagine un ancien prêtre consacrant par défi, dans une boîte de nuit, une vasque de vin. C'est alors le sang du Christ que se contraint à boire son ami, prêtre lui aussi, afin d'éviter qu'il ne soit profané.
    Dans un curieux livre-reportage paru avant guerre, un prêtre, lui aussi en rupture avec l'Église, Pierre Geyraud, rencontre l'un de ses confrères tombé, lui, « de l'amour de Dieu au service du Diable ». L'homme lui raconte son aventure, qui rejoint celle du roman, avec un grain de perversité supplémentaire...

  • Vénus, l’étoile du malin

    Au IVe siècle, saint Jérôme voyait en Vénus, l'« étoile qui porte la lumière », une création de Lucifer. Cette singulière filiation lui était sans doute inspirée par les nombreux symboles érotiques qui s'attachaient à cet astre promu, dans l'Antiquité, divinité de l'amour. Il ne faisait d'ailleurs que reprendre une très ancienne tradition. Plusieurs siècles auparavant, les Assyriens disaient de l'apparition d'Astarté (Isthar), grand-mère de Vénus, qu'elle " avait fait trembler le ciel et la terre. " Qui reconnaîtrait dans cette furie cosmique l'aïeule de la tendre jeune fille émergeant des eaux, seulement vêtue de ses longs cheveux, que peignit Botticelli ? La naissance de Vénus - non pas au sens allégorique, mais matériel : l'apparition de la planète dans le système solaire - n'est qu'un des nombreux phénomènes naturels auxquels les hommes tentèrent de donner une signification magique, religieuse ou cosmologique.

  • Ces étranges clubs de rencontres

    En novembre 1978, une image terrifiante, celle de centaines de corps enchevêtrés sur fond de forêt vierge, fit la « une » des journaux du monde entier. Les 923 disciples de Jim Jones venaient de se donner la mort dans le sanctuaire de la secte du Temple du peuple, en Guyana. Quelques heures avant de disparaître, Jones avait fait massacrer un sénateur américain, Leo Ryan, ainsi que trois journalistes qui s'étaient imprudemment aventurés dans cet asile d'aliénés luxuriant, à la requête de parents d'adeptes inquiets.

  • L’amour sorcier

    " Professeur Khayraba Gassaama, grand sorcier africain, dons héréditaires, résoud tous vos problèmes : travail, réussite dans les affaires et en amour. Paiement après résultats. Peut travailler par correspondance. " Cette annonce a paru au mois d'octobre 1984. Quantités d'autres, analogues, fleurissent en petits pavés dans les colonnes des journaux parisiens. Et il ne s'agit pas seulement de bourgeons exotiques, destinés à l'émigration antillaise ou ghanéenne : voici trois ans, un sondage publié par « Bonnes soirées » révélait que 18 % des Français - neuf millions ! - étaient convaincus de l'efficacité de la sorcellerie et y recouraient parfois ... Certes, on peut débattre à l'infini de la nature de cette « efficacité ». L'action des envoûtements et contre-envoûtements est-elle réelle, ou l'idée que chacun s'en fait, agresseur ou victime, suffit-elle à leur conférer un pouvoir?

  • Les petits poucet et l’ogre de Rais

    Comment un maréchal de France devient-il le plus grand « kidnapper » de tous les temps ? Comment le compagnon d'armes d'une sainte - Jeanne d'Arc - est-il amené à frayer avec le Diable? C'est le mystère du « cas » Gilles de Rais. Un mystère que son procès, mené avec un luxe de précautions, un souci du détail à la mesure du personnage - l'un des premiers barons du royaume, l'arrière-petit-neveu de Du Guesclin - et de ses crimes, ne dissipe pas tout à fait. Cette étrange association de la folie meurtrière, du délire sexuel et de la magie noire, rendue possible par une puissance financière et politique dont nous n'avons plus la moindre idée aujourd'hui, constitue sans doute le plus remarquable exemple de perversion satanique que nous ait fourni l'Histoire, avant les sinistres expériences des « médecins fous » dans les camps de la mort...

  • Les castrés de Dieu

    S'il est impossible d'échapper à la tentation, on peut s'ôter les moyens d'y succomber. Par un procédé douloureux, certes, mais radical : la castration. Interdite en Occident - un article de loi la punit de prison - cette opération est encore effectuée en Inde, notamment dans la région de Bombay, où elle est couramment pratiquée par la secte des Hijras

  • L’art d’accomoder les restes

    Le 6 juin 1984, tandis que François Mitterrand faisait à une douzaine de chefs d'État les honneurs du littoral normand, le tribunal de Carcassonne examinait l'une des plus singulières affaires jamais jugées dans l'Aude. Ça commence comme un drame paysan, par une maladie qu'on n'explique pas. Raymond, un jeune homme, naguère vif et pétulant , se met à souffrir de « langueurs ». La famille diagnostique un « envoûtement ». Les coupables présumés sont connus. Mais que faire contre des charmes, si ce n'est employer d'autres charmes ? Les parents se mettent alors en quête d'une de ces « bonnes personnes » qui connaissent les mots, les gestes capables de neutraliser les forces mauvaises. On ne dit pas une sorcière. On ne le dit pas. Mais on la cherche. Et on la trouve.

  • Satan existe, ils l’ont rencontré

    " La plus grande ruse du Diable, c'est de faire croire qu'il n'existe pas. " Si cette formule est vraie, on peut craindre qu'il ne joue, à notre époque, sur du velours... Quelques destins singuliers nous montrent pourtant que le Prince des ténèbres n'hésite pas à se manifester - voire à s'incarner - de nos jours. Sans même retenir les monstres politiques - bien que Hitler et Staline aient surpassé dans leurs oeuvres les pires cauchemars des inquisiteurs - des hommes et des femmes ont courtisé le Diable en plein XXe siècle, y mêlant la grande et intemporelle obsession du sexe. Sont-ils, ces diaboliques, complices ou victimes du démon ? Souvent les deux...

A propos du magazine

Le Crapouillot
Le Crapouillot LE CRAPOUILLOT a été créé en 1915 par Jean Galtier-Boissière, il est alors le premier journal des tranchées. Son but étant de soutenir les soldats français présents sur le Front, tout en les informant des avancées du combat, non sans une certaine ironie. La guerre terminée, le journal ne cesse néanmoins pas d'exister mais est alors considéré comme une revue culturelle et littéraire. Plusieurs auteurs de l'avant-garde y signent des articles tels que Gus Bofa ou Francis Deloisi. Très polémique car très crue dans le ton employé dans ses critiques, la revue devient alors une référence dans l'univers du spectacle. A partir des années 30, les publications deviennent plus ponctuelles et les numéros traitent de thématiques bien spécifiques assez proches de la guerre et de la politique.

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