Pas une miette de bons sentiments

Les bons sentiments, on pouvait les craindre dans le roman de Marie Darrieussecq, La mer à l’envers, sur la rencontre entre Rose, bobo parisienne, et un jeune homme libyen, Younès. Lorsque le bateau de croisière où Rose est en vacances avec ses enfants recueille des migrants naufragés en mer, c’est d’abord deux mondes qui se confrontent. L’attention de Rose se focalise sur un jeune homme, Younès, et un simple geste de solidarité va créer un lien entre eux. Le récit tire sa force de l’incarnation des personnages et de l’idée que cette relation est aussi une relation choisie par deux individus, au-delà de leurs conditions respectives. Comme un lien de filiation, même s’il est né sur la détresse de l’un et l’empathie de l’autre.

Oh ? Avec un O comme oser. Philippe Djian ose se mettre dans la peau d'une femme qui subit un viol. Mais pour Michèle, une femme forte et sèche d’une cinquantaine d’années, cet épisode se révèle plus dérangeant moralement, parce qu'elle a été mise en position de faiblesse, que traumatisant physiquement, ce qui a fait couler beaucoup d'encre, mais, en fait, le viol n'est pas le sujet du récit. Djian ne lésine pas sur les rebondissements que cet épisode traumatique initial va déclencher (on connaît son goût pour les séries et les feuilletons) ! Mais son roman a la couleur de la vie, drôle par fulgurances, chaque personnage a sa part inavouable de mystère et de secret. À noter qu’Isabelle Huppert incarne Michèle avec son génie habituel, dans le film multiprimé Elle, qui est l’adaptation du roman.

On le sait, le droit à l’avortement est fragile aux États-Unis. Dans Une étincelle de vie, Jodi Picoult raconte une prise d’otages dans le dernier centre de planning familial ouvert dans l’Etat du Mississippi. Multipliant les points de vue, des patientes au personnel soignant en passant par le preneur d’otages ou le policier en charge de gérer l’affaire, Jodi Picoult intensifie son propos en racontant l’histoire de façon antéchronologique : plus qu’un simple procédé narratif, pour ce roman fort et sans manichéisme.

La seule histoire raconte une grande histoire d’amour hors normes, l’ironie profonde et très anglaise de Julian Barnes en éloigne toute mièvrerie.

Dans toute sélection, il faut un intrus ! A moi seul bien des personnages est un roman « militant », John Irving lui-même le concède. Il fait le tour de toutes les différenciations sexuelles à travers une galerie de personnages, qu’on va suivre des années 60 aux années 2000. Le narrateur, Bill Abott, est un adolescent sensible et indécis sexuellement. Il rêve d’être écrivain, encouragé dans cette voie par une bibliothécaire, Miss Frost. Ambivalente et fascinante, elle sera également décisive dans l’orientation sexuelle du jeune homme (il aimera les garçons ET les filles) … Un hymne à la tolérance par un maître des lettres américaines, qui, avec Bill, nous offre une fois de plus un personnage masculin dont lui seul a le secret.

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